La Grande tourbière de Blainville
Qu’est-ce que la Grande tourbière de Blainville?
D’une superficie totale de 886,8 hectares et formée il y a plusieurs milliers d’années, la Grande tourbière de Blainville est l’un des milieux naturels les plus précieux de notre territoire.
Un milieu naturel exceptionnel
Les tourbières se font de plus en plus rares dans les régions habitées du Québec. Il est donc exceptionnel d’en retrouver une à Blainville. Cette vaste zone humide fait d’ailleurs partie des boisés d’importance régionale identifiés par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Véritable réservoir de biodiversité, elle joue un rôle essentiel pour l’environnement et pour notre collectivité.
Un filtre naturel pour l’eau
La Grande tourbière de Blainville agit comme une immense éponge : elle retient l’eau de pluie, la libère lentement et filtre naturellement les impuretés. Elle contribue ainsi à prévenir les inondations, à maintenir les niveaux d’eau et à en améliorer la qualité sur l’ensemble du territoire.
Un allié contre les changements climatiques
La Grande tourbière constitue également un précieux puits de carbone. Grâce notamment à la sphaigne, une mousse à croissance très lente, elle emmagasine du carbone depuis des millénaires. En la protégeant, nous empêchons ce carbone d’être libéré dans l’atmosphère, ce qui contribue directement à réduire les gaz à effet de serre.
Un refuge pour la biodiversité
La Grande tourbière de Blainville est un véritable havre de vie pour une faune et une flore adaptées à ce milieu fragile. Cet écosystème particulier accueille plusieurs espèces à statut précaire. Environ 45 espèces d’oiseaux y ont été observées, dont l’hirondelle de rivage, une espèce en péril. On retrouve également 13 espèces d’amphibiens et de reptiles, incluant deux espèces menacées ou vulnérables : la salamandre à quatre orteils et la couleuvre verte.
Enfin, le site a la particularité d’abriter les habitats naturels de deux grands mammifères, soit l’orignal et le cerf de Virginie
Pour en savoir davantage sur les caractéristiques physiques et biologiques de la Grande tourbière de Blainville, consultez le rapport de caractérisation de Nature-Action Québec (pages 31 à 35).
Situation géographique de la Grande tourbière de Blainville
Le cœur de la Grande tourbière de Blainville se situe géographiquement à l’intérieur du périmètre formé par :
- À l’est : la montée Gagnon
- À l’ouest : le boulevard Céloron
- Au nord : PMG Technologies (Centre d’essais et de recherche automobile)
- Au sud : le chemin de la Côte-Saint-Louis Est
Il est possible d’observer la Grande tourbière à partir de la piste cyclable de la Seigneurie des Plaines qui relie le boisé des lacs Fauvel et la Ville de Terrebonne.

Propriété de la collectivité blainvilloise à 63 %
Sur une superficie totale de 886,8 hectares, la Ville de Blainville est désormais propriétaire de 560 hectares (63,1 %). Cette protection découle notamment de l’acquisition récente de 55,8 hectares de lots privés, conclue en août et septembre, dans le but de préserver et de mettre en valeur la Grande tourbière.
Ces transactions ont été réalisées grâce à l’appui financier du gouvernement du Québec et de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), dans le cadre de la phase II du Programme d’aide financière de la Trame verte et bleue du Grand Montréal.
Un objectif de 100 % de propriété municipale
Il reste encore un potentiel de 326,8 hectares à acquérir afin que la Ville soit propriétaire de l’ensemble de la Grande tourbière. La Ville projette donc de poursuivre les acquisitions d’autres lots privés en vue d’atteindre cet objectif.
La protection actuelle de la Grande tourbière de Blainville
À l’heure actuelle, la Grande tourbière de Blainville est protégée à la fois par un règlement de zonage de la Ville et par la réglementation de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).
Règlement de zonage de la Ville de Blainville
La réglementation d’urbanisme de la Ville encadre strictement les usages permis sur le territoire de la Grande tourbière. Celui-ci est divisé en deux parties : une zone de conservation et une zone agricole.
- En zone de conservation : les interventions pouvant modifier le milieu naturel sont fortement limitées, et toute modification des usages autorisés est soumise à un processus référendaire.
- En zone agricole : les activités non agricoles sont interdites. Toute demande d’autorisation doit obligatoirement être soumise à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), dont les critères d’analyse sont particulièrement rigoureux dans la grande région de Montréal.
Règlement de contrôle intérimaire de la Communauté métropolitaine de Montréal (RCI-2022-96)
Adopté en 2022, le Règlement de contrôle intérimaire (RCI-2022-96) de la CMM encadre la protection des milieux terrestres et humides d’intérêt métropolitain.
Ce règlement définit notamment :
- le territoire visé par le règlement;
- les interdictions qui visent à prohiber toute construction, tous travaux ou toute activité dans les milieux naturels identifiés dans le règlement;
- les mesures de mitigation ou de restauration obligatoires.
Perspectives de protection et de mise en valeur
Au Québec, les lois et règlements autorisent les municipalités à demander au gouvernement du Québec la création d’espaces de conservation aux usages plus encadrés, assurant ainsi une plus grande protection réglementaire aux milieux naturels. Au cours des prochaines années, la Ville de Blainville entend renforcer la protection de la Grande tourbière en identifiant un statut de conservation dont les usages l’autoriseront à mettre ce territoire en valeur pour la population qui sera consultée au moment opportun.